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L' Autre FIGARO

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Chronique Judiciaire| Jean Agbantchémey condamné à 6 ans de réclusion pour coups motels

Publié le 24 Avril 2018, 04:12am

Par Koffi Faustin AGBATONON, Consultant Juridique

Manœuvre au port de Cotonou, Jean Agbantchémey a été condamné le vendredi 16 avril 2018 à 6 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises. Il est reconnu coupable de coups et blessures volontaires qui, sans intention de donner la mort, l’ont pourtant occasionné

Les faits remontent à décembre 2011, ou Jean Abantchémey et Abel Daï ont été sollicités par le nommé Elias Boya pour le déchargement de marchandises. A la fin du travail, Elias Boya qui avait déjà reçu pour leur compte les frais de déchargement, soit une somme de franc CFA 20.000, et qui devrait les payer était absent. Ce n’est que le 14 janvier 2012 que ce dernier a été retrouvé dans l’enceinte portuaire par les manœuvres. Au cours de la dispute survenue sur le champ, Elias Boya a été atteint et blessé à la tête par un morceau de pavé lancé par jean Agbantchémey. Evacuée d’urgence à l’hôpital, la victime est décédée le 20 janvier 2012.

A la barre, l’accusé a reconnu les faits et se justifie : « étant donné qu’il était plus fort que moi, j’ai juste réagi à la paire de gifles qu’il m’a donné ».

Le Ministère Public accuse…

Dans son réquisitoire, le ministère public représenté par Emmanuel Opita a démontré que les circonstances, les éléments légal, matériel et moral conduisent à conclure à l’infraction de coups mortels puni par l’article 309 du code pénal en vigueur au Bénin lequel article stipule que : « Sera puni de la peine de la réclusion, tout individu qui aura fait des blessures ou porté des coups, s'il est résulté de ces actes de violence une maladie ou incapacité de travail personnel pendant plus de vingt jours ». Emmanuel Opita s’appuie d’ailleurs sur quelques propos de l’accusé pour convaincre les jurés et la Cour présidé par Georges Gbaguidi, avec comme accesseurs Jacques HOUNSOU et Abdoul Latifou Akim. Pour le Président Emmanuel Opita, l’accusé a reconnu avoir soif de la vengeance et cette volonté de porter des coups et d’occasionner des blessures. Emmanuel Opita rejette par conséquent la possibilité d’une légitime défense puisque, dit-il il faut que d’une part l’agression soit injuste et que sutout la défense soit proportionnelle à l’attaque. «  En l’espèce, la réaction jean Agbantchémey est disproportionnelle aux gifles. Le motif de légitime défense ne peut prospérer ». Le Ministère public a donc demandé que l’accusé soit reconnu coupable des coups et blessures volontaires, qui sans intention de donner la mort, l’ont pourtant occasionnée et requis par conséquent à son encontre 7ans de réclusion.

La défense touche les sensibilités…

La défense assurée par Me HOUNKPATIN a aussitôt réagi en soulignant que «  7ans c’est excessif ». Néanmoins, il ne plaidera pas l’acquittement pour, dit-il, tenir dans la vérité, mais fera ressortir des circonstances atténuantes. «  Jean Agbantchémey a travaillé toute la nuit sous le froid de janvier au bord de l’océan pour décharger deux conteneurs. Il avait exprimé une certaine méfiance de ne pas être payé, mais il a été rassuré ».commenca t-il avant de demander à la Cour de tenir compte de la dimension humaine de la personne de Jean Agbantchémey . Après une démonstration des traits des personnes impulsivescomme l’accusé, Me HOUNKPATIN souligne que Jean A. reconnait son acte et qu’il est d’ailleurs réadaptable. « Il a assezpayépour sa faute. Sa femme l’a abandonné et est tombée enceinte d’un autre. Il n’a pas eu la chance de porter sur ses genouxsa fille. L’accusé est un homme qui aime travailler. Je vous prie de lui donner une nouvelle chance ».

Après quelques temps d suspension, la Cour et les jurés reviennent du délibéré avec une décision qui condamne Jean Agbantchémey à 6ans de réclusion criminelle. L’accusé ayant déjà purgé la peine, recouvre sa liberté.

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