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L' Autre FIGARO

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CHRONIQUE JUDICIAIRE|10 ans de réclusion criminelle pour assassinat: Les limites de la defense

Publié le 22 Avril 2018, 16:36pm

CHRONIQUE JUDICIAIRE|10 ans de réclusion criminelle pour assassinat: Les limites de la defense

Le chroniqueur judiciaire de L'Autre Figaro passe à la loupe la décision rendue l’arrêt 134/17 en date du 15 mai 2017 dans l'affaire n° 087/PG/16 MP C/. Il revient sur les insuffisances de la défense de l'accusé

Koffi Faustin AGBATONON

 Il poignarde froidement dame Cécile ZOUNNON dont il est locataire depuis 8 années, au motif de soupçons de pratiques de sorcellerie, qui seraient à la base de la fausse couche et du décès de son épouse, Maïminatou Adamou. Les faits remontent au mardi 17 novembre 2015, aux environs de 5h30, au quartier Xwlacodji à Cotonou. Evacuée au CNHU, la victime succombe à ses blessures à 8h. ce fut le premier dossier inscrit au rôle de la première session de la cour d’assisses pour le compte de l’année 2018. La Cour présidé par Hubert Arsène DADJO, Président de la Cour d’Appel de Cotonou, a examiné l’arrêt 134/17 en date du 15 mai 2017, de la chambre d’accusation portant renvoi devant la Cour d’Assises de l’affaire n° 087/PG/16 MP C/ Abbey Pierre dont le chef d’accusation, l’assassinat est puni par les articles 295 à 298 et 302 du code pénal de 1810 en vigueur en République du Bénin.
Au prétoire l’accusé a plaidé coupable et sollicité la clémence de la Cour. « Aujourd’hui, quand j’y pense, je m’en veut beaucoup. Je me dis, qu’est ce qui m’a poussé à commettre cet acte ignoble... » a déclaré Abbey Pierre. Cependant le Ministère Public, dans son réquisitoire, a invité la Cour à le condamner à 15 années de réclusion criminelle. Car, pour le procureur général, Emmanuel Opita, selon les dispositions  de la charte africaine des droits de l’homme et de la constitution béninoise, la personne humaine est sacrée et inviolable. Dans le cas d’espèce, Il fait observer que les éléments : légal, matériel, intentionnel, préméditation et guet-apens sont réunis pour une condamnation pour fait d’assassinat avec préméditation. A la défense,  en la personne du Me Saïdou AGBANTOU de prendre la parole pour implorer une application bienveillante de la loi, du moment où l’accusé a reconnu les faits et s’est délibérément remis entre les mains des  forces de sécurité publique. Mieux, selon la défense, la Cour devrait soupeser les faits en tenant compte du contexte sociologique. Au terme des différentes plaidoiries, la Cour s’est retiré pour délibérer. La sentence tout le monde peut imaginer : le nommé  Abbey Pierre est déclaré coupable d’avoir volontairement commis un homicide volontaire sur la personne de dame  Cécile ZOUNNON avec préméditation, et condamné à la peine de 10 ans de réclusion criminelle. Il dispose donc d’un délai de 3 jours pour se pourvoir en cassation. 
En guise de rappel des faits tel que transmis à la Cour d’assises, on retient que le nommé Abbey Pierre Pyrrus est locataire de dame Cécile ZOUNNO, et habitant la maison de sa désormais victime avec son épouse. Ayant découvert un jour pour l’apparition mystérieuse d’un hibou dans la cour de leur concession, il entreprit de tuer l’oiseau, mais aurait été confronté à l’opposition farouche et catégorique de dame Cécile ZOUNNON qui l’aurait menacé d’en découdre avec lui s’il tuait l’oiseau ; l’injonction que Abbey Pierre aurait respecté. Mais peu de temps après, l’épouse Abbey Pierre Pyrrus tomba enceinte et eut de complications qui l’ont finalement conduit à la mort. Cette situation a amené l’accusé à désigner  Cécile ZOUNNON comme responsable du décès de son épouse et l’a soupçonné   de pratiques de sorcellerie. C’est ainsi que le mardi 17 novembre 2015, alors que dame Cécile ZOUNNON revenait de la douche, Abbey Pierre Pyrrus qui l’attendait, est allé chercher un couteau dans sa chambre et l’a poignardé mortellement et a pris la fuite. Interpellé et poursuivi pour assassinat, il a reconnu les faits qui lui sont reprochés à toutes les étapes de la procédure.

De façon précise et concise l'on pourrait reprocher à la défense de n’avoir pas évoqué le fait que dame Cécile ZOUNON aie menacé l’accusé de tuer le hibou retrouvé dans la concession. Or, que viendrait chercher un hibou dans une concession si on convient que dans notre culture cet oiseau est connu pour être un oiseau malfaiteur et surnaturel ? Il serait souhaitable que la défense s’appuie sur cette apparition  mystérieuse du hibou et ceci devrait constituer d'un argument solide pour démontrer à la cour que ce fut la cause de la mort de l’épouse de l’accusé. Ce qui  n’a pas été le cas et qui a laissé libre court aux sages de retenir aisément la dite la peine. Si ces argumentations avaient été évoquées à la cour, la décision serait plus Clemente.

Pourquoi la défense n'avait pas usité ces argumentations?Pourquoi la cour a-t-elle retenu contre l'accusé le meurtre et non l'assassinat?

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